[weblettre N°6] Université de Lille / CMI Géosciences, Biotechnologies, Mathématiques

Licence 2ème et 3ème année, semestre 6, expérimentation 2018 :
Module TEC/Anglais
L’image : une stratégie de communication à maîtriser
Céline Cuingnet (Enseignante TEC, Référente OSEC)

Genèse :
Ce module, créé pour la première fois lors de l’année universitaire 2016-2017 et remanié pour l’année 2017-2018, a été conçu suite à l’observation de plusieurs éléments :
• La difficulté qu’ont les étudiants de percevoir leurs forces et faiblesses en matière de compétences relationnelles, humaines – souvent d’ailleurs cette perception est toute nouvelle pour eux et ils ne se sont encore jamais posé ces questionnements.
• La méconnaissance de ce qu’ils renvoient, projettent à leur(s) interlocuteur(s) en termes d’image.
• Leur méconnaissance des compétences exigées par les recruteurs ainsi que des nouvelles méthodes de recrutement (entretien à distance, prépondérance des compétences transversales).
• Une ignorance des rapports qui sous-tendent les collaborations futures entre scientifiques et créatifs (ici : ingénieurs et designers).

Paramètres de départ à prendre en compte :
Ce module de TEC (techniques d’expression et de communication) auquel s’est joint une partie anglais, s’est adressé à des étudiants de trois filières différentes : Maths, Biotechnologies et Géosciences et sur deux niveaux : L2 et L3. Le problème rencontré fut de toute évidence la coordination impossible des EDT. Or, ce qui pouvait en soi passer pour un écueil s’est révélé être un obstacle aisément contournable voire un atout de plus dans la construction de cette UE et sa pérennisation : les ¾ du module se sont déroulés à distance.

Objectifs du module :
L’objectif premier a été de créer du sens. Une des raisons observées du non-investissement des étudiants est l’absence de sens trouvé à un enseignement, ce qui induit un travail bâclé ou scolaire. Il m’a donc semblé primordial de tisser du lien entre parcours universitaire et ouverture professionnelle afin de permettre une projection personnelle de chaque étudiant qui dépasserait un simple exercice académique.
L’identification de ses points forts et de sa singularité en termes de compétences transversales (aussi appelées compétences humaines, compétences douces, savoir-être ou soft skills) est une connaissance essentielle à acquérir rapidement. En effet celles-ci sont de plus en plus déterminantes dans les entretiens de recrutements.
Il est également capital de maîtriser son image dans une situation de communication à distance, entretien d’embauche différé pour un stage, mobilité internationale, autant de situations qui sont appelées à se multiplier dans la conjoncture économique actuelle.
Enfin le développement de son potentiel créatif dans des situations de communication complexes: séance d’idéation, brief avec un créateur, projet d’équipe avec timing restreint est une plus-value indéniable pour un futur ingénieur polyvalent.

Organisation du module :
Le module a fonctionné en deux temps : une première partie à distance, ponctuée de TD en présentiel (séance inaugurale, bilans de mi-parcours, préparation à la soutenance) et une deuxième partie organisée autour d’un workshop (hors EDT : créneaux du samedi matin).
Le premier axe était centré sur l’image de soi : recherches, exercices, analyses, menant à la production en anglais et en français de vidéos simulant une partie d’un entretien de recrutement à distance. La problématique sous-tendant ce travail était la suivante : comment, à diplômes et compétences techniques égales, puis-je me démarquer des autres candidats lors d’un entretien d’embauche (ici pour un stage) ?
Le deuxième axe questionnait le concept d’identité visuelle et sa mise en application autour d’un workshop en collaboration avec un designer graphique. Le but de cet atelier était la création d’un logo pour le CMI de Lille. La problématique sous tendant cet atelier était la suivante : comment communiquer une identité forte (valeurs, messages, objectifs) à travers la création d’un logo ?

Outils utilisés :
Le support essentiel du cours a été l’espace collaboratif Padlet : https://fr.padlet.com/ qui permet un échange entre les membres du groupe, un partage sécurisé (choix de la configuration avec mot de passe requis) de documents (pdf, vidéos, musique, liens …) et une immédiateté intéressante en matière de réactivité.
Les étudiants se sont également initiés au logiciel de design Adobe Illustrator.

Contenu du module :
PREMIERE PARTIE :
La séance inaugurale en présentiel a été consacrée à la présentation du module : objectifs, attendus, modalités de l’évaluation ainsi que la présentation du mur Padlet sur lequel figurent :
• Une sélection d’articles à lire pour se familiariser avec la notion de compétence humaine.
• Un choix d’exercices guidés pour apprendre à réfléchir sur soi-même, se connaître et reconnaître ses valeurs, centres d’intérêt, atouts sociaux. « Savoir d’où l’on vient pour comprendre où l’on va ». Exercices pour l’essentiel extraits et adaptés du livre de Marie-Josée Couchaere, 70 exercices pour développer vos soft skills, ESF éditeur, 2015.
• Le site de référence pour la partie « video-CV » en anglais : http://www.elllo.org/index.htm
• Les dates des rendus ainsi que les modalités.
Le premier travail à rendre consistait, en TEC, en un écrit structuré et argumenté dans lequel chaque étudiant expose cinq compétences humaines qui lui sont propres, singulières. Chaque compétence est étayée par plusieurs exemples concrets correspondant idéalement à différents domaines d’application (expériences professionnelles, associatives, loisirs …). En ce qui concerne l’anglais il s’agissait d’une vidéo d’1mn30 dans laquelle l’étudiant prend position sur un phénomène de société.
La deuxième séance en présentiel a concerné le rendu des écrits : bilan, conseils collectifs et individualisés.
Le deuxième travail à rendre consistait, en TEC, en la réalisation d’une vidéo (3mns, sans montage, face caméra) comme réponse à la publication d’une offre de stage (réelles annonces de stage diffusées sur le mur Padlet). L’étudiant devait choisir trois compétences parmi les cinq détaillées à l’écrit, les expliciter et les illustrer par des expériences concrètes. Pour l’anglais il s’agissait de la réalisation d’une vidéo (2mns, sans montage, face caméra) répondant aux questions suivantes : « Tell me about yourself, what are your strenghts and weaknesses ? »
Chaque étudiant a ensuite bénéficié d’un retour personnalisé par mail. A ce stade, l’idée d’une restitution commune a été volontairement écartée : le travail et le debrief sur l’image de soi sont à manier avec précaution et il a semblé plus judicieux de ne pas montrer ce tout premier travail à l’ensemble du groupe classe. Il est apparu préférable d’éviter notamment les phénomènes de comparaison afin que chaque étudiant puisse aller au bout de son travail de recherche personnel.
Le travail final à rendre – celui qui fera ici figure d’évaluation sommative – a pris la forme, en TEC, d’une amélioration du travail second : réalisation d’une vidéo suivant les mêmes consignes que précédemment en intégrant les remarques et pistes d’optimisation. En ce qui concerne l’anglais, les étudiants devaient parvenir désormais à un video-CV abouti : dans cette présentation de 2 à 3 minutes (face caméra, sans montage), qui répondait à une annonce de stage, ils devaient parler de leurs expériences, sans oublier de mentionner leurs soft skills.

DEUXIEME PARTIE : Workshop (2x4h)
Cet atelier s’est déroulé au Learning Center de la bibliothèque universitaire. Le logiciel Adobe Illustrator avait été préalablement installé sur les PC portables.
S1 : Introduction au design graphique
L’atelier a débuté par la présentation de l’activité d’un designer graphique, ses réalisations et ses domaines d’activité. Le designer intervenant a ensuite initié les étudiants à l’histoire de la typographie. Puis un focus a été opéré sur le concept d’identité visuelle et sur les « coulisses » du logo : Quelles réflexions, quel travail se nichent derrière une image apparemment simpliste ? Pour cela l’historicité du logo a été évoquée, avant qu’une analyse plus concrète ne prenne place via différents exemples et déclinaisons (Westinghouse, Apple, IBM …). Les objectifs et enjeux ont été passés en revue. En définitive les étudiants ont pris conscience de la richesse et de la complexité de ce véritable édifice communicationnel qu’est une identité visuelle.
Après cette introduction plutôt théorique, nous avons mis en place une séance d’idéation autour du futur logo du CMI de Lille (quels messages, quelles valeurs, quelles tonalités, quel public … ?) L’objectif était de laisser sa créativité s’exprimer librement, sans censure, afin de favoriser la pensée divergente.
Nous avons procédé ensuite à un rappel des modalités de l’atelier et du concours, à savoir la réalisation, par équipe (deux binômes et un trinôme) d’un nouveau logo pour le CMI de Lille, avec l’élaboration d’une charte graphique et la déclinaison du logo vectorisé sur un goodie au choix. Parmi les attendus figurait aussi le développement d’un argumentaire expliquant les choix opérés, la démarche adoptée, les obstacles rencontrés et les stratégies déployées.
Le temps restant a vu s’ébaucher le travail en équipe, au crayon.
S2 : workshop, suite
Le designer intervenant a initié les étudiants au maniement du logiciel Adobe Illustrator. Le travail s’est de fait poursuivi, en équipe, sur ordinateur.
S3 : Séance de préparation à la soutenance
Les étudiants et moi-même avons opéré un retour sur l’expérience menée : apports, obstacles, stratégies d’équipe. Ce bilan collectif leur a permis d’affiner leur message et de synthétiser leurs idées en vue de la soutenance.

Evaluation :
• Contrôle continu basé sur l’investissement et l’implication de chacun
• Evaluation de l’écrit et de la vidéo finale en TEC, de la vidéo-CV en anglais.
• Ratio TEC/anglais : 65/35

Intervenant/professeur associé :
• Nicole Chapel, professeur d’anglais.
• Adrien Cuingnet, designer graphique, Studio Plastac, Paris.

Bilan :
Un certain nombre de points sont à améliorer :
Une troisième séance de 4h pour le workshop est nécessaire.
Il sera également judicieux de planifier davantage de temps en présentiel pour les debriefs, bilans, retour sur travaux. Cette année cela n’a pas été possible compte tenu de la configuration mutualisée de l’UE (les temps de rencontre ont dû être programmés sur les créneaux du midi) mais c’est une amélioration indispensable : un TD de préparation à l’exercice filmé, un TD d’échanges et de retour après la dernière restitution pour permettre un bilan collaboratif du module.
L’exercice premier (questionnaire) serait plus pertinent à réaliser en présentiel, d’une part parce que les questions posées sont d’ordre privé et que le professeur n’a pas d’autre intérêt à les « ramasser » que celui de vérifier s’ils ont bien été effectués. Il est vrai que selon le degré de maturité des étudiants, cet exercice peut être perçu comme l’occasion de mieux se connaître ou à l’inverse comme un questionnaire sans intérêt. Je propose donc que les étudiants remplissent ce questionnaire sur table après un temps d’échange préalable visant à cerner les enjeux d’un tel exercice (insuffler du sens). Un temps d’échange est de même essentiel à la fin du TD.

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