[weblettre N°6] Les CMI et la mobilité étudiante : de nouveaux horizons personnels et professionnels, un accélérateur de carrière

Un compte-rendu détaillé de l’atelier « relations internationales » tenu lors de l’Assemblée Générale du réseau FIGURE en Octobre 2018 à l’Université de Cergy-Pontoise.

I. Questions de fond

Des questions fondamentales ont été abordées d’emblée.

1. Pourquoi partir ?

Outre l’attirance pour un pays, le désir de découvrir sa culture et sa langue, le séjour à l’étranger représente pour beaucoup d’étudiants un défi lancé à soi-même. Il faut en effet être capable de s’adapter à un tout nouvel environnement dans tous les aspects de la vie quotidienne, à un nouveau mode d’enseignement pour les mobilités académiques, à de nouvelles pratiques de recherche dans les laboratoires, pour les stages.
Il est vivement conseillé de partir seul ce qui favorise une immersion totale et permet de tirer tous les bénéfices possibles de la mobilité. Cette dernière a aussi vocation d’améliorer le niveau de langue des étudiants. Puisque le cursus des étudiants CMI inclut une mobilité obligatoire d’au moins 3 mois, il faut que les étudiants préparent leur séjour en travaillant très sérieusement et très régulièrement leurs compétences langagières, de façon à rendre la mobilité possible et profitable. La plupart des programmes des CMI incluent des cours d’anglais renforcé. Il faut en effet que les étudiants soient capables de suivre un cours dès leur arrivée dans le pays d’accueil, ou d’être immédiatement opérationnels dans leurs échanges avec leurs collègues au sein d’un laboratoire.
Pour envisager sereinement une mobilité, un étudiant doit avoir de préférence un niveau B2, et dans tous les cas pas en-deçà de B1. Les accords passés avec les universités étrangères stipulent explicitement le niveau attendu par chacune d’entre elles. De toute façon, selon les textes du Ministère, aujourd’hui en France, pour valider un Master, quel qu’il soit, un étudiant doit justifier d’un niveau B2 dans une langue vivante étrangère.
Enfin, une mobilité dans un nouvel environnement permet d’accroître les capacités de chacun à communiquer, à collaborer et renforce l’employabilité des étudiants, en France et à l’étranger. En effet cette expérience peut contribuer par exemple à l’obtention d’un très bon score à une certification reconnue internationalement comme le TOEIC, dont les étudiants pourront se prévaloir auprès de tous les recruteurs. D’une façon plus large c’est un atout sur leur CV, qui facilitera l’accès au marché du travail à l’étranger.

2. Quand partir ?

Une mobilité de crédit est fréquemment recommandée de partir en L3, voire en L2. Un départ en L3 permet d’avoir le temps de mûrir son projet. Une mobilité académique en master est rendue compliquée voire impossible par le fait que les enseignements dispensés au sein du CMI au cours de ces années d’études sont trop spécifiques et pointues pour que l’étudiant puisse se permettre de ne pas y assister. Toutefois dans certaines universités des enseignements dispensés en M1, du moins au M1S1, ont été spécialement aménagés pour rendre possible une mobilité académique même cette année-là. Une mobilité en stage n’a pas les mêmes contraintes.

3. Quelle mobilité ?

La mobilité académique permet aux étudiants de découvrir d’autres méthodes d’enseignement. La mobilité de stage les plonge dans un univers plus professionnel, avec souvent des pratiques différentes de celles qui ont cours en France.
Même si une seule mobilité de 3 mois est exigée, ces deux mobilités sont complémentaires ; des étudiants présents qui avaient vécu cette double expérience –mobilité académique et mobilité de stage- ont confirmé tout l’intérêt de faire les deux. Partir est une chance, que les CMI proposent. C’est le moment ou jamais de profiter de cette occasion qui est offerte aux étudiants.

Des questions plus concrètes quant à la mise en place du projet de mobilité ont été ensuite abordées.

II. Mise en place du projet de mobilité

1. Quelle destination ?

Comme évoqué précédemment, le choix de la destination se fait tout d’abord bien entendu en fonction du désir qu’a un étudiant d’approfondir les connaissances qu’il a déjà acquises sur un pays, sa culture, son histoire et sa langue. C’est bien l’envie de vivre sur place et de s’immerger dans la vie d’un pays qui prévaut dans un premier temps. Mais il a aussi été rappelé que l’une des toutes premières démarches que l’étudiant doit effectuer, est, pour une mobilité académique, de se renseigner sur les programmes des universités partenaires et, pour une mobilité de stage, sur les recherches menées par les laboratoires. Le succès de la mobilité tient aussi et surtout à la capacité de l’étudiant de réussir ses examens et de mener à bien ses recherches sur place.

2. Quel programme ?

Plusieurs programmes peuvent être mobilisés :
ERASMUS +, qui propose des destinations en Europe
-le BCI, Bureau de Coopération Interuniversitaire, pour des destinations au Canada
-les Conventions, qui sont des accords bilatéraux signés entre une université française et une université étrangère en Europe ou hors Europe.

Existe également la MICEFA, Mission Interuniversitaire de Coordination Echanges Franco-Américains, qui est un accord entre des universités parisiennes et des universités nord-américaines, pour des destinations aux Etats-Unis et au Canada

Lorsque la composante à laquelle appartiennent les étudiants n’a pas d’accord avec un département qui les intéresse dans une université étrangère, mais qu’une autre composante de leur établissement dispose d’un accord avec un département de cette université, il est tout à fait possible de demander une extension de convention, afin de leur ouvrir les portes du département recherché.

Il est aussi tout à fait possible aux étudiants de suggérer à leur référent RI le nom d’une université dans laquelle ils aimeraient aller mais avec laquelle leur université n’a pas d’accord. Qui ne tente rien n’a rien.

Pour ERASMUS et les Conventions, la sélection des dossiers se fait au niveau du référent RI de leur composante ou de leur CMI. En revanche, pour le BCI et la MICEFA, ce sont les universités étrangères qui ont le dernier mot. Pour le BCI, il est possible de faire 3 voeux mais pratiquement toutes les universités mettent en avant le fait qu’elles ne retiendront pas les dossiers des étudiants qui ne les ont pas mises en premier, ce qui limite souvent le choix à deux voeux. Par conséquent certains établissements autorisent les étudiants qui candidatent pour le BCI ou pour la MICEFA, à constituer par ailleurs un deuxième dossier ERASMUS+ ou Convention ; ainsi, si leur référent RI a retenu leur candidature mais que leur dossier n’a pas été sélectionné par les universités canadiennes ou américaines, ils peuvent tout de même partir en mobilité.

3. Comment préparer son dossier de mobilité ? Quel niveau de langues ?

De manière générale, la préparation du dossier est perçue comme un exercice assez long.

Il est nécessaire que les étudiants constituent leur dossier très en avance, généralement pendant l’automne de l’année universitaire qui précède l’année de leur mobilité. L’une des raisons avancées est le fait que le nombre de places proposées par chaque établissement est nécessairement limité. Il est donc possible qu’un étudiant ne puisse pas aller étudier dans l’établissement qui avait retenu son attention dans un premier temps.

Différentes pièces qui constituent le dossier doivent être remises au référent RI, notamment : les relevés de notes de l’enseignement supérieur, un CV à jour, une lettre de motivation qui justifie bien le choix de l’établissement, possiblement une liste des cours envisagés à l’étranger.
Pour le niveau de langue, celui exigé par l’université étrangère est explicitement mentionné dans le partenariat. Il relève de la responsabilité du référent RI de s’assurer que l’étudiant a bien le niveau requis. Il peut demander une attestation de niveau à l’enseignant responsable du cours de langue. La question a été posée de savoir si une certification – type TOEFL ou TOEIC – pouvait être exigée. Ce n’est pas le cas. Tout est fondé sur un rapport de confiance. Et dans l’intérêt de l’étudiant, il faut bien entendu qu’il ait au minimum le niveau exigé par l’université d’accueil.

Les universités canadiennes qui font partie du BCI, exigent la constitution d’un dossier qui leur sera envoyé par voie électronique et par voie postale. Il est fortement recommandé d’inclure dans la lettre de motivation adressée à chaque établissement la liste des cours envisagés et d’avoir fait quelques recherches sur la vie de l’établissement et plus largement sur la ville dans laquelle il est situé. Les universités canadiennes y sont extrêmement sensibles.

Dans les lettres de motivation adressées à des universités étrangères, il semble par ailleurs nécessaire que les étudiants expliquent bien ce que sont les CMI et insistent sur l’exigence des filières qui augure de la réussite du séjour à l’étranger des CMIstes.

Le dossier qui sera transmis à l’université d’accueil inclut un “Contrat d’Etudes”, c’est-à-dire la liste des cours que l’étudiant suivra à l’étranger. La somme des crédits obtenus à l’étranger doit être de 30 crédits. Ce contrat doit être élaboré par l’étudiant et son référent. Il est validé par le référent et il est primordial que l’étudiant tienne son référent informé si jamais il doit changer certains choix de cours une fois sur place. Tout changement apporté au contrat d’études doit absolument être validé par le référent. Certaines universités acceptent que les 30 crédits incluent un cours qui permet à l’étudiant d’apprendre la langue du pays, quand cette dernière n’est pas la langue d’enseignement. D’autres universités ne l’acceptent pas et comptent ces crédits en plus. Enfin, il est très important que, au moment de la constitution du dossier, l’étudiant se renseigne auprès du référent RI sur les conditions de validation de son semestre à l’étranger, et qu’une fois sur place, il sache si des rattrapages existent pour les cours qu’il a choisis.

4. Quel financement ?

L’aide à la mobilité n’est ni obligatoire ni systématique et les étudiants ne peuvent percevoir qu’une seule source de financement.

Voici les trois sources de financement ainsi que les critères appliqués par chacune :
ERASMUS : quotient familial entre €19 190 et €30 000
Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche : réservé aux étudiants boursiers sur critères sociaux
et la Région Ile-de-France : quotient familial égal ou inférieur à €19 190.

Le service des Relations Internationales tient compte
-du niveau de vie du pays dans lequel les étudiants se rendent au moment de distribuer les enveloppes budgétaires
-et, pour les mobilités de stage, le cas échéant, des sommes perçues par les stagiaires sur place.

Par exemple l’université de Cergy-Pontoise, par le biais de sa Fondation, verse une fois une somme de 300 euros à chacun de ses étudiants en CMI.

Plusieurs étudiants évoquent le problème engendré par le décalage entre le moment où l’étudiant doit organiser son départ et notamment payer son billet d’avion, et le moment où le premier versement des aides accordées est effectué par l’université, généralement courant novembre. Les étudiants sont ainsi obligés d’avancer des sommes assez importantes et c’est une situation parfois très difficile à gérer.

5. Logement

Cet aspect de la mobilité est géré par l’université d’accueil, qui contacte directement l’étudiant. Toutefois, pour faciliter les démarches de l’étudiant, il est bon que le référent RI mette en contact l’étudiant qui va partir avec les étudiants qu’il connaît et qui sont déjà partis dans le même établissement.

Selon les cas, l’université peut proposer des logements sur le campus, à l’extérieur du campus ou des listes de logements mis à la location par des particuliers à proximité.

La très grande majorité des mobilités se déroule au premier semestre, il est par conséquent parfois un peu plus difficile de trouver un logement en cette période alors qu’il est généralement beaucoup plus aisé de trouver un logement au second semestre.

III. Le Réseau Figure : en première ligne pour développer la mobilité

Des liens sont désormais tissés entre le Réseau Figure et l’ENAEE (European Network Accreditation Education Engineering).

Jusqu’à présent, dans la plupart des universités, les étudiants inscrits en CMI sont partis en mobilité académique en bénéficiant des places obtenues grâce aux accords passés entre une composante ou un département en France et une université étrangère. Il faudrait, autant que faire se peut, développer des partenariats avec des universités offrant des formations encore davantage en adéquation avec les cursus CMI, voire identifier quelques partenaires qui permettent à la plupart des CMI d’une université de suivre des cours qui correspondent encore mieux à leur cursus en France.

1. Développement de partenariats d’excellence

L’atelier s’est terminé sur la présentation des modalités de l’accord avec la Big Ten Academic Alliance, qui est un réseau de 14 prestigieuses universités américaines. Il s’agit, dès l’année 2019, de mettre en place des mobilités de stage permettant à des étudiants français de partir au printemps prochain dans des laboratoires américains.

2. Partage d’expérience : nouvelle application de suivi des séjours à l’étranger

Sera bientôt mise en ligne par le Réseau Figure une application de suivi des séjours à l’étranger qui permettra un très large partage d’expérience entre tous les étudiants CMI de France. Cette application a été présentée en détail. Chaque compte rendu sera anonyme et permettra d’avoir un retour sur expérience extrêmement fin. Cette application permettra donc de constituer une banque de données précieuse pour les étudiants et référents RI.

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