[weblettre N°5] ASSEMBLEE GENERALE : La table ronde

« Le métier d’ingénieur et son évolution dans le contexte européen »

 

Animateurs :    

Théo Haberbusch – Directeur de News Tank Higher Education

Lamine Boubakar – Président Réseau FIGURE

Participants :   

Hadjer Ouldali – Doctorante, étudiante labellisée en Biologie

Nathalie Brunelle – TOTAL, responsable implantation Saclay

Pascale Ribon – Déléguée Générale Paris Saclay

Bernard Remaud – Président de l’ENAEE

François Germinet – Président de l’Université de Cergy-Pontoise, Président de la CPU

 


Le choix d’un CMI fut celui de la « liberté », le choix d’une formation universitaire qui sache s’adapter à la personnalité des étudiants, qui permette à la fois de travailler en laboratoire de recherche et en entreprise, qui mette en avant les projets et le travail de groupe, qui associe les étudiants à leur épanouissement, qui donne une place à l’auto-évaluation… Une formation qui favorise la créativité, qui forme des intelligences nouvelles sortant des profils classiques, qui permette d’aborder les industriels en leur demandant de faire confiance aux jeunes diplômés… Voici en quelques lignes le témoignage de Hadjer Ouldali qui a accompagné le déploiement de son CMI de Biologie à Cergy (promotion 0)…. Ce qui lui a manqué : «  du temps pour faire encore plus de choses »…

 

Les témoignages de Nathalie Brunelle et Pascale Ribon s’accordent sur le fait que le discours des recruteurs est très souvent ambivalent avec la recherche de l’ingénieur parfait, possédant des compétences techniques très spécialisées (expertise, esprit pionnier) associées à des compétences humaines de haut niveau (managériales, éthique, collectif). Et pourtant une fois engagé, le jeune ingénieur subit des contraintes (notamment dans les grands groupes) l’empêchant de déployer ses talents, ce qui peut expliquer une certaine désaffection des jeunes pour ces grands groupes au profit de petites entreprises innovantes, phénomène amplifié avec les mutations actuelles de notre société. Pourtant, selon les intervenants, les liens entre ces nouveaux métiers (autour de l’intelligence artificielle par exemple) et le métier traditionnel d’ingénieur est plus fort qu’on ne l’imagine et que la technicité de l’ingénieur à ses débuts reste la meilleure base pour bien évoluer, et que les grands groupes sont eux aussi à l’aube de développer de nouvelles méthodes d’organisation du travail… Encore faut-il communiquer sur le sujet…

 

L’intervention de B. Remaud a permis ensuite d’appréhender la manière dont les formations d’ingénieurs étaient considérées à l’échelle européenne et au-delà. S’il ne semble pas y avoir de standard international sur le sujet et notamment sur les aspects techniques du métier – dans de nombreux pays anglo-saxons le niveau BACHELOR est  considéré comme un ingénieur sur le marché de l’emploi – il apparait néanmoins une convergence forte sur les LEARNING OUTCOMES (profil de diplômé) : Qu’attend-on d’un ingénieur notamment en termes de compétences ? Sur ce sujet, deux modèles sont en tension : la formation d’individus parfaitement calibrés (leur avenir devenant indépendant de leur lieu de formation) ou la formation de professionnels à part entière pour lesquels les « soft skills » doivent être autre chose que « la cerise sur le gâteau »…

Les standards européens sont d’une grande souplesse sur ces différents modèles et surtout non prescriptifs… A noter une particularité bien française : la formation d’ingénieurs par apprentissage alors que dans la quasi-totalité des autres pays l’apprentissage est réservé à des profils moins qualifiants. De même, la formation continue et la validation des acquis d’expériences restent une spécificité française pour les formations à Bac+5, l’habitude européenne n’envisageant pas cela au-delà de Bac+2.

 

Se basant sur une étude du MIT (New Trends in Engineering), F. Germinet a montré qu’un modèle de type TU (technical universities – pluridisciplinaire), incluant recherche et transfert industriel, était un modèle qui se développait fortement (avec l’exemple de l’EPFL à Lausanne). Le système français reste très cloisonné, malgré quelques regroupements en cours écoles/universités. Une formation d’ingénieur en 5 ans ne sera plus du 2+3 ou 3+2. Même s’il faut qu’il existe des passerelles entre  formations, la formation doit être pensée dès l’origine en 5 ans (comme les CMI le préconisent).

La représentation du concours (à Bac+2), qui reste une image d’Epinal, représente aujourd’hui 1/3 du recrutement des écoles. Les autres modèles sont de plus en plus exploités et F Germinet prévoit une perte de vitesse forte du modèle prépa/école dans les 10 ans qui viennent…

 

Au terme d’échanges nombreux entre participants à la table ronde et le public mené magistralement par Théo Haberbusch, il est clairement ressorti qu’une formation d’ingénieur était un cursus complet de 5 ans, qu’il fallait allier compétences disciplinaires et humaines et former des ingénieurs capables  de s’interroger sur eux-mêmes et leur métier et de faire preuve de créativité sans suivre uniquement les traces de leurs prédécesseurs : ALLER VERS L’IMPERTINENCE INTELLIGENTE…. (non artificielle).

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